jeudi 13 octobre 2011

Le Yacht club de Québec

Le 26 septembre    , c’était l’anniversaire de Stéphanie ,moi.
Belle journée « chaude » , on file vers Trois rivières , 30 miles après Sorel : chenal , moteur , pas de vent (de toute façon on n’a pas de mat) quelques barques de pécheurs, et nos amis les porte -containers .
13 heures , arrivée à Trois rivières , on espère pouvoir remater .
La potence est libre cet après midi , nous dit l’employée , super !
On prépare le bateau , on doit guider la personne qui dirige la potence .
L’opération est délicate , notre mat est traversant , le but, sans détails trop techniques,  le replacer sans casse,  et ne pas se le prendre sur la tête ….
Bref après 2 ou 3 essais , le mat a retrouvé sa place sans problème
Comme on est content !!! on redécouvre notre bateau
Eliott caresse le mat , reprend sa place fétiche , au pied du mat pour y jouer .
Nous n’avons pas  envie de nous arrêter de travailler , remettre l’enrouleur , pré régler les haubans , ranger , nettoyer ….même l’attaque des moustiques n’y pourra rien .
Seule la nuit nous stoppera.
Taxi , restaurant pour fêter tout ça.
Le lendemain , on continue à rendre à la Comète une vraie allure de voilier.
Il est temps de se rendre à Québec , nous avons eu une réponse positive du Yacht club ,la météo va se gâter ….

Mercredi 28 septembre
La Comète est partie tôt , il faut suivre les marées pour ne pas avoir à lutter contre elle .
Sous un ciel bien chargé et un air bien frais , c’est fou les variations de température ici , on progresse bien , on a le courant avec nous , dans les rapides de Richelieu 8/9 nœuds seulement …
Quand nous arrivons au Yacht club , le courant s’est déjà inversé et notre vitesse est de 3,5 nœuds.
Notre bateau est amarré à 16h30 , le moteur s’arrête …..c’est la fin de ce voyage .


On reste sur notre faim en ce qui concerne la nav à la voile , on arrive juste sur le Saint Laurent , il ne demande qu’à être découvert …..oui mais la météo sera mauvaise pendant les 5 jours qui suivront notre arrivée , nous dissuadant de remettre les voiles pour naviguer .
La préoccupation est à la mise au sec du bateau pour l’hiver , trouver un hébergement terrestre pour toute la tribu et un chauffage pour le voilier d’ici là !

Sur cette vidéo , une chanson interprétée par un québécois .
Cette chanson nous l’écoutions , lors des quarts de nuit , pendant la traversée de l’Atlantique , il y a 3 ans .
Elle faisait partie de morceaux de musique passés par deux jeunes français rencontrés aux Canaries.
Si j’avais pensé alors , que dans 3 ans , nous arriverions à Québec avec la Comète .


samedi 8 octobre 2011

Bientot sur le Saint Laurent

Jeudi 22 septembre   St jean de Richelieu
Le capitaine a réussi à ce qu’une partie de son équipage soit prête, de bonne heure, pour la première écluse canadienne .
Celle-ci est juste derrière un pont levant , qui sur le guide nautique que l’on a juste pu consulter à la marina , doit ouvrir à 8h30 .
Un bateau à moteur américain est sur le pied de guerre , lui, il a démarré et attend devant le pont , mais aucun signe de vie …..Désespéré , il finit par s’amarrer à un ponton , juste avant le pont .
Et oui , aux Etats Unis il n’était pas habitué à  la non ponctualité.
Ce n’est qu’après 9h que le pont ouvre , nous découvrons l’écluse qui nous parait bien petite .
On s’inquiète et on demande en passant sous le pont , au monsieur qui le dirige  , si il y a de la place pour les deux bateaux .Celui ci nous répond sèchement qu’on n’avait qu’à lire les instructions ! Et oui , monsieur , mais il n’y avait plus de guides à vendre ….
Un petit gout d’Europe …
Il ya tout juste de la place pour nous et le bateau américain .
Jusqu’à 13h /14h , on aura parcouru seulement 10 milles nautiques , ces petites écluses sont manuelles et les éclusiers assez maniaques ,  faut le dire !
On se plie à leurs règles , sans pour autant oublier que nous sommes sur un voilier et sur l’eau et que le seul maitre c’est le capitaine , qui peut juger de la situation , distance du bateau par rapport à la porte arrière de l’écluse etc …
Malgré les 2 mètres  d’eau annoncés dans les écluses , on touche à 2 reprises  .


Et c’est avec soulagement que nous arrivons au Bassin de Chambly, grande étendue d’eau , avant de nouveau un canal qui nous amènera au Saint Laurent.
On décide de s’arrêter .
Chambly , (avec son intersection Bourgogne –Frechette, arrêt de bus ….)petite cité paisible , proche  de Montréal.
Nous ne savons toujours pas où faire hiverner la Comète , notre idée dans le Vieux port de Québec , est tombée à l’eau , pas de place.
On attend une réponse du Yacht Club de Québec.
Bref est ce la peine de se précipiter à rejoindre Québec ? allons nous à Montréal en bateau ? …
Avons-nous encore du temps pour naviguer , avant que la météo ne soit plus clémente avec nous ?
Finalement , on ira à Montréal demain , en bus !
Une belle journée de soleil , à Montréal , une ville à la fois européenne et américaine.
On est surpris , les gens paraissent stressés , bousculent …nous n’avions pas rencontrer ce genre de comportement avec les américains.
Mais nous n’avions pas trop la tête à visiter ,encore trop dans d’incertitudes concernant nos proches projets.
On découvre avec plaisir le Château de Ramezay, son musée , flâneries dans les rues de du Vieux Montréal, le vieux port …
Samedi , journée-tampon au bateau , douches , lessives , bibliothèque municipale pour imprimer les cours du cned , faire internet ….Et oui les enfants sont enfin inscrits au cned .   finies les vacances .
Point sur une batterie qui vient de rendre l’âme, il nous en reste 2 de servitude et une pour le moteur , ce qui est encore bien suffisant .
Le soir , on jette l’ancre dans le bassin , on se cuisine des moules à la marinière .
Losrque j’entends un  bateau à moteur qui , au bruit ,  dépasse largement la  vitesse réglementée  , dans cette zone de mouillage et proche de 2 pontons.
Inquiète , car nous n’avons qu’une lampiote pour nous signaler ( notre mat est toujours en position horizontale …)je sors précipitamment , enfin j’essaye.
Car j’oublie dans ma précipitation , que la descente est fermée , donc comme dans un dessin animé , ma tête cogne sur le panneau de descente et rebondit sur la première marche « d’escalier » …..
Résultat une bosse et un bobo sur le menton .
Le bateau à moteur lui a décéléré , mais on ne s’en occupe plus …
Jusqu’à quelques minutes plus tard , on entend des voix ….comme si elles étaient sur le bateau .
Steph sort , en ouvrant la descente , lui ! , et distingue dans la nuit , 2 jeunes , quasiment accrochés à l’avant du bateau …..
Ils sont sur un joli petit bateau à moteur, sièges en cuir blanc , coupé sport, mais celui-ci est méchamment penché sur tribord …..IL PREND L’EAU !!!
Tout le monde est sur le pont devant cette scène insolite .
Steph leur propose de l’aide pour les ramener au ponton , ils refusent , ne veulent pas nous déranger : leur moteur ne démarre plus , un des deux gars a la tête  enfouie dans un coffre à la recherche désespérée de rames, l’autre reste hagard   , l’eau rentre et ils s’enfoncent à vue d’œil ….
Mets ta pompe de cale .
Là t’es en train de couler ! Faut faire vite !
Steph et Olivier partent avec l’annexe et commencent à les tracter vers le ponton , mais leur bateau doit être bien lourd , un autre monsieur vient les aider , il est en jet ski .
Qu’est ce qui s’est passé ? En décélérant de façon trop brutale , la vague crée par le bateau  est rentrée par l’arrière , les jeunes ont mal évalué la situation et ont du rentrer tête basse chez eux …..bonjour les dégâts
Aucun des deux n’a pensé à mettre leur gilet de sauvetage ! Alors qu’ici ce sont des stakhanovistes du gilet et des recommandations !!!!!!
Apres cet intermède , on finit notre petit repas. Eliott est quand même perturbé , un bateau qui coule , il n’avait jamais vu ça .
Il en reparlera plusieurs fois .


Dimanche 25 septembre
Superbe journée ensoleillée , on en profite  pour quitter le Bassin de Chambly , remonter le canal .
Vous savez que sur ce bassin , en hiver , les habitants font des courses de voiture sur la glace . .. difficile à imaginer.
On passe une dernière écluse à Sainte ourse .
Et nous voici en fin d’après midi à Sorel, sur le Saint Laurent, ce fleuve qui fait réver Stéphane depuis bien longtemps.
Le partage des eaux est visible , le fleuve est bien plus large que tous ces canaux que nous avons remonté ! Quelques voiliers tirent des bords .
Bienvenue dans le monde des marées .
Nous avons hâte de remater , mais les marinas à Sorel ne peuvent nous accueillir , notre tirant d’eau est bien trop important.
Il nous faudra patienter jusqu’à Trois rivières.
Repas d’anniversaire ce soir , même si ce n’est que demain , Marie framboise nous quitte demain matin .il commence à y avoir beaucoup de bougies , sur ce gâteau !
A vous de les compter.


samedi 1 octobre 2011

Arrivée au Canada

Le dimanche 18 septembre , départ de Whitehall ,les paysages sont époustouflants , et on ne sait où regarder , rive à bâbord , rive à tribord…… . (Je vous rappelle que nous avons un passif de plus de 2 ans et demie dans les paysages des petites Antilles , forcément cela nous change)
En fait à la barre il faut rester concentré sur le balisage , il y a peu d’eau sous notre quille .

Le mouillage s’annonce très calme à Port Henry .J’allume automatiquement les feux de mouillage , pour nous signaler la nuit ….c’est bien me dit Steph , mais notre mat est couché et les connections électriques interrompues !
Quelquefois, quand je suis à l’intérieur du bateau ,  j’oublie ce « détail » ….
Lundi , petite pause de quelques heures à Westport, juste pour récupérer Marie Françoise , qui arrive par train de Manhattan , le « fameux » train qui longe la rivière Hudson .

On se choisit un mouillage , dans une crique  quasi sauvage à Macdonough point.








Mardi , après quelques heures sous la pluie et dans les nuages, Burlington , belle petite ville accueillante .Le soleil arrivant et l’accueil de la marina nous décident :on reste pour la nuit .




Shopping obligé : quelques vêtements chauds seront utiles. Beaucoup de québécois viennent aussi faire leurs courses ici, cela parle plus français qu’américains dans les rues , presque.
Lors d’un achat ( pyjama chaud pour Yoann) la caissière comprend à mon extraordinaire accent américain , que je suis française et me pose quelques questions .Quand je lui explique notre intention de rester dans la région quelques mois , son regard change et elle m’informe le plus calmement possible de la dureté des hivers ….cela fait froid dans le dos .Elle me salue par la suite d’un « Good luck »
Peut être sommes nous un peu fous ?
Prés d’un million de canadiens quittent leur pays , pendant l’hiver …..
Revenons à nos moutons .
Mercredi   21 septembre
Le temps est beau , nous décidons d’en profiter pour avancer plus au nord.


La frontière est passée sans problème, nous nous retrouvons sur la sinueuse rivière de Richelieu.

Nuit à la petite marina « Les nautiques » à St jean de Richelieu ; elle se situe juste avant un pont et une nouvelle écluse.
Eh oui , de nouveau une dizaine d’écluses à passer sur le canal Richelieu et Chambly.
L’accueil est irréprochable à la marina , si il n’y avait pas leur accent , on ne se rendrait  pas compte que nous sommes au Canada.
Par contre , bienvenue chez les marins d’eau douce !
Nous avons évité 3 catastrophes en 30 minutes …..ahurissant .
Lorsque  que nous sortons du bureau de la marina , après avoir fini les papiers , nous restons stupéfaits sur le pont :un voilier  est arrivé derrière nous ,son avant avec son ancre est à 5 cm de notre annexe (hissée sur le portique arrière de la comète) comment a-t-il pu faire « un créneau » comme dit Marie Françoise dans une si petite place , sachant que derrière lui il y avait aussi un bateau ?  trop fort
Le proprio est habitué à « garer » son bateau (sans mat depuis un an , il dit ne pas en avoir besoin , et il l’a cassé l’an dernier au lac Champlain) vous comprenez , c’est sa place à l’année ici ….
On souhaite faire le plein de diesel , Stéphane demande au  jeune pompiste du diesel , celui-ci lui tend le pistolet , et  Stéphane avant de le mettre dans le réservoir ( allez savoir pourquoi !) lui redemande : c’est bien du diesel ?
Petit silence ….Ah non , on n’a que de l’ordinaire ici !
Sans commentaire.
On était encore sur le pont à rediscuter de tout ça , quand un petit bateau à moteur , ayant fini son plein d’essence , quitte le ponton .Il passe à 5 cm du mat de notre bateau , ayant surement mal jugé le courant et le vent .
On retient notre souffle sur le ponton , ça passe juste …..tant mieux pour notre feu de navigation qui est fixé en haut du mat .
Bon une bonne nuit de sommeil et ça ira mieux demain .
Les dangers de la navigation fluviale ne sont pas là où on croit.

mercredi 21 septembre 2011



 Jeudi 15 septembre :
         Le temps est à la pluie et  accompagné d'une nette  baisse des températures . Prudents, nous avons décidé de rester au ponton , surtout que le lendemain le soleil est attendu .
On a vu partir tous les bateaux québécois , surement trop pressés d’aller vers le sud ….
Journée calme au bateau , l’après midi on découvre le village de  Waterford, lui aussi durement touché par les inondations. D’ailleurs, le ponton où nous sommes a juste réouvert hier , lors de notre arrivée ; mais toutes les installations ne sont pas encore fonctionnelles.   
Mais où sommes nous ?  on a l’impression d’avoir un peu remonté le temps, d'etre dans un autre monde ....l'amérique profonde ?
Petit village traversé par une route , une main street avec de rares commerces , les gens sont très accueillants.
Petit souci , notre moteur ne démarre toujours pas du premier coup , malgré un petit travail sur les causses au niveau de la batterie. Du coup on « s’attaque » à celles du démarreur . Les enfants , couchés , sont inquiets de nous voir bricoler le moteur.
Le lendemain matin , il démarre du premier coup , Eliott :  « trop zénial , papa ! » 



Les écluses , une aventure insolite , pour un voilier habitué à la méditerranée et l’océan .
Le rythme et la place de chaque équipier sont vite trouvés.
Le canal est un enchantement , on découvre de nouveaux paysages , tous plus apaisants les uns que les autres  ,des  daims , oiseaux …
Mais on est quand même bien contents d’avoir fini à Whitehall : début du lac Champlain et dernière écluse.
Dans ce petit village , en 1776 , ont été construits les premiers bateaux pour la Navy.
Petit tour dans le musée ,  rétrospective de la vie de ces habitants , au rythme du canal.
Vente aux enchéres insolites :vieilles gravures, meubles , bois d’orignal ….
Et le soir repas allemand préparé par Mike le cuisinier, fasciné par notre périple.
  
Un beau dépaysement .